
← Bookmakers : le making-of de la littérature19 aug · 55 min
Paul B. Preciado : pas son genre (1/3)
Jeunesse et métamorphoses d’un « petit monstre heureux » <p>Il se décrit parfois comme un « transfuge de genre », un « dissident du régime de la différence sexuelle », « ex-femme, ex-lesbien, exclamatif et exaspéré, exégète des textes perdus et des photographies brûlées ». Dans ce premier épisode, nous verrons comment Paul B. Preciado, penseur de la « croisée des chemins », a grandi « dans un film d’Almodóvar » et comment le fait d’être souvent vêtu « en bleu et en jean », son « uniforme de philosophe », est sans doute un hommage à son père garagiste. D’abord éduqué par des bonnes sœurs, celui qui voulait, enfant, « devenir prêtre ou torero, ou devenir le taureau » raconte aussi la façon dont il fut « sauvé », ado, par une école capable d’accueillir sa sensibilité, ainsi que la découverte des écrits « criminels » de Nietzsche ou de Jean Genet, le trouble que lui inspire Le corps lesbien de Monique Wittig, ses premiers articles dans les fanzines queers de Madrid ou son « évasion » aux États-Unis, ébloui par la pensée « cathédrale » de son mentor Jacques Derrida. Tout le monde en Paul-Position !<br><br>
L’auteur du mois : Paul B. Preciado<br>
Né en 1970 à Burgos (Espagne), Paul B. Preciado est philosophe, écrivain, commissaire d’exposition et réalisateur. Depuis la sortie de son Manifeste contre-sexuel (Balland, 2000, réédité Au Diable Vauvert), ce sniper cérébral ne cesse de tirer sur les normes violentes du capitalisme hétéro-patriarcal. Titulaire d’un doctorat à l’université de Princeton (New Jersey), le précis et précieux Preciado troue les préjugés et déride notre époque, notamment au sujet de la transidentité, via une demi-douzaine de livres hybrides (dont Un appartement sur Uranus, chez Grasset en 2019, vendu à 25 000 exemplaires), un fabuleux documentaire (Orlando, ma biographie politique) ou ses articles pour Libération. Il vit et travaille à Paris, au rythme des ronflements de son chien Rilke.</p> <p>Enregistrements <br>
juin 2026</p>
<p>Entretien, découpage<br>
Richard Gaitet</p>
<p>Prise de son<br>
Mathilde Guermonprez</p>
<p>Montage<br>
Mathilde Guermonprez, Esteban Capron</p>
<p>Réalisation, mixage<br>
Charlie Marcelet<br><br>