
← Choses à Savoir - Culture générale12 sep · 3 min
Pourquoi parle-t-on de « migration lessepsienne » ?
Derrière cette expression assez mystérieuse se cache l’une des plus grandes expériences écologiques involontaires provoquées par l’être humain.
Le mot « lessepsienne » vient tout simplement d’un nom français : Ferdinand de Lesseps.
Au XIXe siècle, ce diplomate et entrepreneur joue un rôle central dans la construction du canal de Suez. Inauguré en 1869, celui-ci relie directement la mer Méditerranée à la mer Rouge.
L’objectif est évidemment commercial. Le canal permet aux navires de passer de l’Europe à l’océan Indien sans contourner toute l’Afrique.
Mais en créant ce passage artificiel, l’être humain a également ouvert une autoroute pour les animaux marins.
Avant la construction du canal, la Méditerranée et la mer Rouge étaient séparées par l’isthme de Suez. Des espèces vivant d’un côté ne pouvaient donc pas naturellement passer de l’autre.
Après 1869, tout change.
Poissons, mollusques, crustacés, méduses et autres organismes commencent progressivement à emprunter le canal. Et le mouvement se fait surtout dans une direction : de la mer Rouge vers la Méditerranée.
C’est ce phénomène que les biologistes appellent la « migration lessepsienne », en hommage – ou plutôt en référence – à Ferdinand de Lesseps.
Des centaines d’espèces originaires de la mer Rouge et de l’Indo-Pacifique se sont ainsi installées en Méditerranée orientale. Certaines sont aujourd’hui devenues très communes.
C’est notamment le cas de plusieurs poissons-lapins du genre Siganus, mais aussi du poisson-lion, spectaculaire prédateur dont la progression inquiète les scientifiques.
Pourquoi ces espèces réussissent-elles si bien ?