Autrement l'Histoire

← Autrement l'Histoire6. Sept. · 54 Min.

1666 : le Grand incendie de Londres ravage la ville en quatre jours

1666 : le Grand incendie de Londres ravage la ville en quatre jours6. Sept.54 Min.

<p>Dans la nuit du 1er au 2 septembre 1666, un incendie se déclare dans une boulangerie de Pudding Lane, au cœur de Londres. Au départ, rien ne laisse penser qu’il sera différent des nombreux feux que connaît régulièrement la ville. Pourtant, quelques heures plus tard, des centaines de maisons brûlent déjà. Poussé par un vent violent, le feu gagne les rues voisines, descend vers la Tamise et devient impossible à contrôler. Pendant plusieurs jours, Londres va vivre l’une des plus grandes catastrophes de son histoire.</p><p><a href="https://fr.tipeee.com/autrementlhistoire/description" target="_blank" rel="ugc noopener noreferrer"><strong>Si vous aimez ce travail et souhaitez le soutenir, vous pouvez retrouver Autrement l’Histoire sur Tipeee. Même un petit soutien aide directement à continuer ces récits.</strong></a></p><p>Pour vivre cette journée au plus près, nous suivons Samuel Pepys. Haut fonctionnaire de l’administration de la marine, il tient alors un journal dans lequel il raconte avec une précision extraordinaire ce qu’il voit. Vers trois heures du matin, une domestique le réveille pour lui signaler un grand feu au loin. Pepys regarde par la fenêtre, estime qu’il est suffisamment éloigné et retourne se coucher. Quelques heures plus tard, il apprend que plus de trois cents maisons ont déjà brûlé.</p><p>Il sort alors dans Londres, monte à la Tour pour observer la City, puis prend une barque sur la Tamise. Depuis le fleuve, il voit les habitants vider leurs maisons, charger leurs meubles sur des embarcations et attendre parfois le dernier moment avant de fuir. Il voit aussi les flammes avancer d’un bâtiment à l’autre, les quais se remplir et des pigeons continuer à tourner autour de leurs nids jusqu’à tomber, les ailes brûlées.</p><p>Pepys se rend ensuite à Whitehall, où il raconte ce qu’il vient de voir à Charles II et à son frère, le duc d’York. Le roi ordonne alors de démolir les maisons situées sur le chemin des flammes pour tenter de créer des coupe-feu. Mais lorsqu’on commence réellement à agir, l’incendie a déjà pris une avance considérable.</p><p>Pourquoi ce feu devient-il aussi incontrôlable ? Londres est alors une ville extrêmement dense, avec des rues étroites, des bâtiments très rapprochés et de nombreuses structures en bois. Près de la Tamise, les entrepôts contiennent du goudron, de l’huile, du bois, du vin, du brandy et quantité d’autres matières inflammables. L’été 1666 a été particulièrement sec et un puissant vent d’est pousse constamment les flammes vers de nouveaux quartiers.</p><p>La catastrophe dure plusieurs jours. Des dizaines de milliers d’habitants quittent leur maison avec ce qu’ils peuvent emporter. Les charrettes deviennent rares et hors de prix. Les champs autour de la City se couvrent de familles et de marchandises. Dans le même temps, la peur alimente les rumeurs : l’Angleterre étant en guerre contre les Provinces-Unies et la France, des étrangers et des catholiques sont rapidement accusés d’avoir volontairement déclenché l’incendie.</p><p>Le mardi 4 septembre, le feu atteint l’un des grands symboles de Londres : l’ancienne cathédrale Saint-Paul. Des travaux y sont en cours et des libraires ont entreposé leurs stocks dans l’édifice, persuadés que ses murs de pierre les protégeront. La cathédrale s’embrase pourtant à son tour. La toiture disparaît, le plomb fond sous la chaleur et l’immense bâtiment médiéval est détruit.</p><p>Le feu finit par être maîtrisé autour du 5 septembre grâce à la baisse du vent et à des destructions beaucoup plus importantes, parfois réalisées à la poudre à canon. Le bilan matériel est immense : environ 13 200 maisons détruites, 87 églises paroissiales, 52 halls de corporations, le Royal Exchange, le Guildhall et l’ancienne Saint-Paul. Près de 100 000 personnes se retrouvent sans logement.</p><p>Le Grand incendie n’a donc pas fait naître en quatre jours le Londres que nous connaissons aujourd’hui. Mais il a profondément transformé sa manière de construire, son archit