
← Baleine sous Gravillon5 days ago · 25 min
S08E07 La Misothérie 3/4 : Nier pour mieux exploiter
En gros, dans le monde, il y a trois catégories de personnes.
il y a ceux qui se lèvent pour Danette.
Ceux qui se lèvent pour défendre ce qui reste du monde vivant.
Et ceux qui sont indifférents à la 6e extinction de masse.
Parmi ces derniers, il y a l'immense majorité de ceux qui s'en moquent, qui sont indifférents et qui ont juste d'autres chats à fouetter. C'est la fameuse "fin du mois" qui renvoie la "fin du monde" loin dans l'accessoire.
Et puis il y a ceux qui revendiquent haut et court leur mépris/haine des autres animaux. Ceux qui sont à l'aise avec "Croissez et multipliez !" (Dieu) et autres "Se rendre comme maîtres et possesseurs de la Nature" (René).
👉🏻Ceux-là sont les spécistes.
Mais il existe un autre mot qui évoque le mépris et la haine des autres animaux : la misothèrie. Une auditrice de Baleine sous gravillon m'a demandé la nuance entre spécisme et misothérie. Voici le résultat de mes recherches.
🔎Le concept de spécisme a été forgé par Richard D. Ryder en 1970 et popularisé par le philosophe Peter Singer (La Libération animale, 1975). Comme pour le racisme ou le sexisme, il relève de la hiérarchisation des êtres. Le spécisme justifie l'exploitation, un traitement indigne voire cruel, l'abattage voire l'extermination des êtres/animaux jugés inférieurs par le patriarcat/la fachosphère/l'être humain au motif qu'ils sont inférieurs, voire faits ou créés pour cela.
🔎Le concept de misothérie a été théorisé par l'historien Jim Mason (An Unnatural Order, 1993). Comme misogynie ou misanthropie, il est construit sur le grec miso- (détester) et -therion (animal sauvage).
Il désigne davantage une émotion qu'une pensée. il est plus affectif : il qualifie le mépris, le dégoût envers les animaux en tant que tels, indépendamment de tout raisonnement. Ce n'est pas seulement "ne pas prendre en compte leur bien-être", c'est un réflexe qui va du déni de leur sentience (sensibilité à la souffrance) au plaisir de les rabaisser et de les tuer.
La misothérie n'est pas juste l'équivalent affectif et individuel du spécisme. Mason ne la présente pas comme une simple pulsion isolée, mais comme un état d'esprit apparu avec la domestication et les premières sociétés agro-pastorales, les premiers paysans, il y a 12 000 ans. Ces sociétés l'auraient inconsciemment inventée, puis intégrée à la culture pour justifier l'exploitation.