
← Autrement l'Histoire11 oct · 1 h 16 min
Mai 68 : pourquoi la jeunesse se révolte et entraîne toute la France
<p>Mai 68. Deux mots qui évoquent des barricades, des pavés, des usines occupées et une jeunesse décidée à prendre la parole. Comment une contestation étudiante devient-elle une crise capable de paralyser la France et d’ébranler le pouvoir du général de Gaulle ? Des premières tensions à Nanterre aux affrontements du Quartier latin, des ateliers de Renault aux négociations de Grenelle, retour sur les semaines qui transforment durablement l’histoire sociale française.</p><p><a href="https://fr.tipeee.com/autrementlhistoire" target="_blank" rel="noopener noreferer">Pour soutenir Autrement l’Histoire, rendez-vous sur Tipeee : votre don fait la différence.</a></p><p>Paris, dans la nuit du 10 au 11 mai 1968. Au Quartier latin, les manifestants dressent des barricades, arrachent les pavés et déplacent des voitures pour barrer les rues. Jean-Claude, un étudiant fictif de dix-huit ans, se retrouve au milieu de cette foule qui attend une réponse des autorités. Sur les petits transistors, les journalistes racontent les négociations. Les forces de l’ordre avancent. Les gaz lacrymogènes envahissent les rues, les charges dispersent les groupes, les coups de matraque s’abattent. Cette nuit de violence va changer la dimension du mouvement.</p><p>Pour comprendre cette explosion, il faut revenir dans une France qui se modernise. Les Trente Glorieuses améliorent les conditions de vie, mais la prospérité ne profite pas à tous de la même manière. Dans les entreprises, les salaires, les cadences et l’autorité patronale nourrissent le mécontentement. Dans les universités, l’afflux des étudiants bouscule des structures encore rigides. Une partie de la jeunesse conteste les règles, les hiérarchies et la place qu’on lui réserve. À cette colère s’ajoutent les débats sur la société de consommation, l’impérialisme et la guerre du Vietnam.</p><p>À Nanterre, les tensions s’accumulent. Le mouvement du 22 mars rassemble des militants aux convictions différentes, unis dans la contestation. La fermeture de la faculté, puis l’intervention de la police à la Sorbonne le 3 mai, précipitent les affrontements. Les arrestations alimentent les manifestations. On réclame la libération des camarades emprisonnés, la réouverture de la Sorbonne et le départ des forces de l’ordre. Le gouvernement hésite entre fermeté et concessions, tandis que la répression élargit les soutiens aux étudiants.</p><p>Le 13 mai, les syndicats appellent à une journée de grève et de manifestations. Étudiants et salariés défil