Le Nouvel Esprit Public

← Le Nouvel Esprit Publichace 5 días · 1 h 03 min

Émeutes lycéennes : mobiles, modalités, réponses / Enjeux de l’élection brésilienne

Émeutes lycéennes : mobiles, modalités, réponses / Enjeux de l’élection brésiliennehace 5 días1 h 03 min

Vous aimez notre peau de caste ? Soutenez-nous ! https://www.lenouvelespritpublic.fr/abonnement

Une émission de Philippe Meyer, enregistrée au studio l’Arrière-boutique le 9 octobre 2026.

Avec cette semaine :

- Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote et fondatrice de l’Institut Français de Géopolitique.- Nicole Gnesotto, vice-présidente de l’Institut Jacques Delors.- Lucile Schmid, présidente de La Fabrique écologique et membre du comité de rédaction de la revue Esprit.- Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin et président de la fondation Terra Nova.

ÉMEUTES LYCÉENNES : MOBILES, MODALITÉS, RÉPONSES

Il aura fallu à peine dix jours pour qu’un blocage, organisé le 21 septembre dans un lycée de Créteil afin de dénoncer des postes vacants, fasse tache d’huile dans la banlieue parisienne, avant de gagner tout le pays. Des milliers de lycéens manifestent depuis en banlieue, dans la capitale, dans les grandes villes, et dans de plus petites communes. Ils se mobilisent majoritairement dans le public, mais aussi dans le privé ; en voie générale et technologique comme au lycée professionnel. Les lycéens conspuent, pêle-mêle, un manque de personnel, des enseignants non remplacés, des « classes à 35 élèves », des emplois du temps trop chargés, la plateforme Parcoursup qui « décider[ait] de leur avenir », ou encore des bâtiments vétustes. Du fait des réseaux sociaux, c’est une mobilisation très horizontale, qui n’a plus grand-chose à voir avec les mouvements lycéens historiques. Les modes d’action sont aussi plus radicaux. Le blocage est utilisé en première intention, alors qu’avant c’étaient les appels à manifester qui scandaient les mouvements. Mardi, 450.000 personnes selon les organisations syndicales et étudiantes, 266.000 selon l'Intérieur, ont défilé partout en France.

Les deux premières semaines de la contestation ont été émaillées de violents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre : plus de 6.000 interpellations ont eu lieu, essentiellement des mineurs. Mardi, le décompte officiel établissait un record d’au moins 215 élèves, 85 personnels de l’éducation et 750 gendarmes ou policiers blessés. Le politiste Vincent Tiberj explique, dans Le Monde, comment, avant même de chercher à amorcer un dialogue, le gouvernement a géré les rassemblements lycéens comme s’il s’agissait d’émeutes urbaines. Des chercheurs comme Sebastian Roché et Olivier Fillieule ont montré que, depuis les manifestations contre la loi El Khomri, en 2016