
← Les Baladeurs9 sept. · 42 min
#108 — Les fantômes de la toundra, avec Vincent Munier
Après avoir pisté les espèces les plus reculées du globe, le photographe animalier Vincent Munier partait en 2008 pour l'Arctique canadien, à la recherche d'une silhouette plus insaisissable que toutes les autres : le loup blanc. Une créature à la fourrure immaculée fondue dans l'éclat des neiges éternelles, qu'aucune photographie n'avait pu saisir depuis plus de vingt-cinq ans. Mais dans ce territoire où l'homme n'est qu'un visiteur de passage, il allait devoir apprendre à disparaître, car ces loups que l'on surnomme ici les fantômes de la toundra, portent bien leur nom : les voir relève presque de l'impossible.
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🎙 Cet épisode a été réalisé par Thomas Firh, accompagné par Inès Cochard. Le récit a été présenté par Clémence Hacquart. La musique est composée par Nicolas de Ferran. Chloé Wibaux s’est assurée du montage, et Antoine Martin du studio Krispy Record du mixage.
🤝 La saison 9 des Baladeurs est soutenue par Columbia.
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Plus d’infos sur l’épisode :
À la fin des années 80, dans les profondeurs des forêts vosgiennes, un père et son fils sont tapis sous les feuilles, immobiles et silencieux, l’appareil photo entre les mains. Comme chaque week-end de printemps, ils attendent l'apparition du grand tétras, une espèce d'oiseau emblématique de la région que le père protège avec passion. Pour le fils, de ces premiers affûts naît une vocation : il consacrera sa vie à photographier la beauté du vivant et à révéler la poésie du monde sauvage. Ce jeune garçon, c’est Vincent Munier.
Les années passant, Vincent s’éloigne peu à peu de ses Vosges natales, toujours plus loin, toujours plus seul. Des grues d'Hokkaidō aux ours du Kamtchatka, en passant par la panthère des neiges en Himalaya, il arpente les espaces les plus reculés de la planète, porté par une quête presque spirituelle : saisir cet instant de grâce miraculeux, où l'animal consent enfin à se laisser voir, pour en ramener une image. Mais après avoir pisté les espèces les plus recherchés du globe, il est une silhouette qui continue de le hanter, plus insaisissable que toutes les autres : celle du loup arctique. Une créature lointaine dont la fourrure immaculée se fond dans le blanc des neiges éternelles, vivant là où le froid dévore tout, dans des étendues si vastes et si désertes que sa présence semble appartenir à un autre monde. Une créature si rare qu’aucune photographie n’a pu en témoigner depuis plus de vingt-cinq ans.
En 2008, Vincent