
← Livres audio par Audiolude18 juin · 28 min
20000 lieues sous les mers. Partie 2. Chapitre 16. Faute d'air.
<p>Narrateur : Alain Couchot</p><p>Proposé par <a href="https://audiolivres.com" target="_blank" rel="noopener noreferer">audiolude.fr</a></p><p>"Ainsi, autour du <em>Nautilus</em>, au-dessus, au-dessous, un impénétrable mur de glace. Nous étions prisonniers de la banquise ! Le Canadien avait frappé une table de son formidable poing. Conseil se taisait. Je regardai le capitaine. Sa figure avait repris son impassibilité habituelle. Il s’était croisé les bras. Il réfléchissait. Le <em>Nautilus</em> ne bougeait plus.</p><p>Le capitaine prit alors la parole :</p><p>« Messieurs, dit-il d’une voix calme, il y a deux manières de mourir dans les conditions où nous sommes. »</p><p>Cet inexplicable personnage avait l’air d’un professeur de mathématiques qui fait une démonstration à ses élèves.</p><p>« La première, reprit-il, c’est de mourir écrasés. La seconde, c’est de mourir asphyxiés. Je ne parle pas de la possibilité de mourir de faim, car les approvisionnements du <em>Nautilus</em> dureront certainement plus que nous. Préoccupons-nous donc des chances d’écrasement ou d’asphyxie.</p><p>— Quant à l’asphyxie, capitaine, répondis-je, elle n’est pas à craindre, car nos réservoirs sont pleins.</p><p>— Juste, reprit le capitaine Nemo, mais ils ne donneront que deux jours d’air. Or, voilà trente-six heures que nous sommes enfouis sous les eaux, et déjà l’atmosphère alourdie du <em>Nautilus</em> demande à être renouvelée. Dans quarante-huit heures, notre réserve sera épuisée.</p><p>— Eh bien, capitaine, soyons délivrés avant quarante-huit heures !</p><p>— Nous le tenterons, du moins, en perçant la muraille qui nous entoure.</p><p>— De quel côté ? demandai-je.</p><p>— C’est ce que la sonde nous apprendra. Je vais échouer le <em>Nautilus</em> sur le banc inférieur, et mes hommes, revêtus de scaphandres, attaqueront l’iceberg par sa paroi la moins épaisse.</p><p>— Peut-on ouvrir les panneaux du salon ?</p><p>— Sans inconvénient. Nous ne marchons plus. »</p><p>Le capitaine Nemo sortit. Bientôt des sifflements m’apprirent que l’eau s’introduisait dans les réservoirs. Le <em>Nautilus</em> s’abaissa lentement et reposa sur le fond de glace par une profondeur de trois cent cinquante mètres, profondeur à laquelle était immergé le banc de glace inférieur.</p><p>« Mes amis, dis-je, la situation est grave, mais je compte sur votre courage et sur votre énergie.</p><p>— Monsieur, me répondit le Canadien, ce n’est pas dans ce moment que je vous ennuierai de mes récriminations. Je